Des alertes satellitaires à l'action : la surveillance communautaire des forêts révèle l'aggravation de la déforestation dans le territoire de Watsa, RDC
Bureau d'Alphome Community Farms | Watsa, Province du Haut-Uele, République démocratique du Congo
À travers les forêts du territoire de Watsa, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, la déforestation s'accélère sous la pression croissante de l'exploitation minière artisanale, de l'exploitation minière semi et industrielle, de la production de charbon de bois et de l'expansion agricole. Faisant partie du Bassin du Congo, ces forêts revêtent une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité, la régulation du climat et les moyens de subsistance des communautés locales.
Les récentes données de Global Forest Watch (GFW) soulignent l'urgence de la situation. Au cours de la seule semaine du 24 juin 2026, GFW a détecté 1 677 alertes de perturbation forestière dans le territoire de Watsa, affectant environ 20,61 hectares de couverture forestière. Bien que ces alertes ne représentent qu'une seule semaine de suivi, elles reflètent une tendance beaucoup plus vaste et continue de dégradation des forêts à travers le territoire.
Afin de renforcer les réponses locales, Alphome Community Farms, avec le soutien du World Resources Institute (WRI) à travers le Global Forest Watch Small Grants Fund, combine la surveillance satellitaire et la vérification communautaire sur le terrain afin de produire des données fiables au service de la conservation des forêts et du plaidoyer environnemental.
Entre janvier et juin 2026, nous avons identifié plus de 5 000 alertes satellitaires de déforestation dans l'ensemble du territoire de Watsa. Grâce à Global Forest Watch et à l'application mobile Forest Watcher, des moniteurs forestiers communautaires formés ont vérifié ces alertes au moyen d'investigations systématiques sur le terrain.

Transformer les données satellitaires en preuves vérifiées
La télédétection, à elle seule, ne peut expliquer ce qui se passe réellement sur le terrain. C'est pourquoi Alphome Community Farms associe la surveillance satellitaire à des missions de vérification sur le terrain.
Entre octobre 2025 et juin 2026, notre équipe a réalisé 37 missions de vérification dans les territoires de Watsa et de Faradje. Ces missions ont confirmé que les importantes perturbations forestières sont principalement liées à l'exploitation minière artisanale, à la production de charbon de bois et à l'expansion agricole, tout en documentant également l'extension des défrichements forestiers associés aux activités minières semi-industrielles dans plusieurs parties du territoire de Watsa.
Les moniteurs communautaires ont collecté des coordonnées GPS, des photographies et des observations de terrain, transformant ainsi les alertes satellitaires en preuves vérifiées pouvant appuyer la planification de la conservation, le plaidoyer environnemental et le renforcement de la gouvernance forestière.

Cartographier la perte de couvert forestier dans le territoire de Watsa
L'une des principales réalisations du projet est la production d'une carte complète identifiant les zones les plus touchées à travers le territoire de Watsa.
L'analyse a permis d'identifier 18 principaux foyers de déforestation concentrés autour du corridor de la mine d'or de Kibali, où les activités liées à l'exploitation minière exercent une pression croissante sur les paysages forestiers environnants.
Parmi les principaux foyers documentés figurent :
Kose-Kia, Mai, Agubu, Bwandi, Obeledi, Giro et Beleu : 2 437 alertes satellitaires
Djamoli et Tumu : 1 150 alertes
Sesenge et Dubele : 684 alertes
Sirigi-Moke : 623 alertes
Mayka : 563 alertes
Kitango (Obugu) : 328 alertes
Awago et Tavudri : 256 alertes
Maituru : 243 alertes
Nzoro : 214 alertes
Dopaie : 182 alertes
Serika : 149 alertes
Ndolomo : 132 alertes
Bavungula : 112 alertes
Gese : 113 alertes
Kalimva : 23 alertes
Gatanga : 16 alertes
Doko : 12 alertes
Ensemble, ces foyers représentent des milliers d'alertes de déforestation détectées durant la période de suivi, illustrant la forte concentration des perturbations forestières à l'intérieur et autour des paysages miniers actifs.

Les forêts sont détruites à un rythme alarmant
Les vérifications de terrain ont révélé que, dans plusieurs sites suivis, entre 20 et 150 hectares de forêt avaient été défrichés par site.
Nos équipes ont documenté des pertes de couvert forestier associées à l'exploitation minière artisanale, à la production intensive de charbon de bois, à l'expansion agricole ainsi qu'aux activités minières semi-industrielles, y compris sur des sites exploités par des entreprises détenues par des intérêts chinois dans certaines parties du territoire de Watsa. Ces observations indiquent que les perturbations forestières s'étendent sur des superficies de plus en plus importantes, menaçant la biodiversité, les services écosystémiques et les moyens de subsistance des communautés locales.

Pourquoi ces résultats sont importants
Les forêts du Haut-Uele font partie du Bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Leur protection est essentielle pour la conservation de la biodiversité, la régulation du climat, la sécurité hydrique et les moyens de subsistance des communautés locales.
Les preuves recueillies dans le cadre de ce projet démontrent la valeur de la combinaison entre la surveillance satellitaire et la vérification communautaire sur le terrain. Nous souhaitons que ces données fiables aident les institutions publiques, les acteurs du secteur minier, les organisations de la société civile et les partenaires de la conservation à mieux comprendre où se produit la perte du couvert forestier et à soutenir une prise de décision plus éclairée.
Toutefois, l'ampleur des perturbations forestières documentées durant cette période de suivi met également en évidence la nécessité de renforcer la surveillance environnementale, d'améliorer l'application des réglementations environnementales, d'accroître la transparence dans les activités minières et d'investir davantage dans la surveillance communautaire des forêts.

Un engagement communautaire pour la protection des forêts
Alphome Community Farms demeure résolument engagé à faire en sorte que les communautés locales ne soient pas seulement témoins des changements environnementaux, mais deviennent des acteurs de premier plan dans la protection des forêts dont elles dépendent.
Avec le soutien continu du World Resources Institute (WRI) et du Global Forest Watch Small Grants Fund, nous poursuivrons le suivi des changements du couvert forestier, la vérification des alertes satellitaires, la documentation des preuves et le plaidoyer en faveur d'une gestion durable des forêts du territoire de Watsa et de l'ensemble du Bassin du Congo.

Ensemble, les données, les communautés et la redevabilité peuvent contribuer à préserver l'un des paysages forestiers les plus importants d'Afrique pour les générations futures.




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