Bassin du Congo : à Watsa, l'agriculture reste le principal moteur de la perte de couverture arborée
Les données de suivi de la couverture arborée montrent que le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, a connu une perte importante de forêts entre 2001 et 2025. L'analyse des moteurs de cette perte révèle que les activités agricoles constituent de loin la principale cause, tandis que l'expansion minière et le développement des infrastructures contribuent également à la déforestation.

L'agriculture itinérante domine largement
Avec 138 131 hectares de couverture arborée perdus, l'agriculture itinérante représente le principal moteur de la déforestation à Watsa. Cette pratique consiste à défricher des parcelles forestières pour des cultures temporaires avant leur abandon et leur mise en jachère. Bien qu'elle soit largement pratiquée par les ménages ruraux pour répondre à leurs besoins alimentaires, son expansion, combinée à la croissance démographique et à la réduction des périodes de jachère, exerce une pression croissante sur les forêts.

L'expansion de l'agriculture permanente
L'agriculture permanente est responsable de 33 702 hectares de perte de couverture arborée. Contrairement à l'agriculture itinérante, cette forme d'occupation du sol transforme durablement les espaces forestiers en terres agricoles destinées à des cultures permanentes ou à une exploitation continue. Cette évolution traduit une intensification progressive de l'utilisation des terres dans certaines zones de Watsa.

L'empreinte des activités minières
Les matières premières, principalement les mines et les infrastructures minières, ont entraîné la perte de 8 159 hectares de couverture arborée. L'ouverture de sites d'exploitation, la construction de routes d'accès, des zones de stockage et d'autres infrastructures associées contribuent à la conversion directe des espaces forestiers. Dans un territoire fortement marqué par l'exploitation aurifère, ces activités constituent un facteur significatif de déforestation, même si leur impact demeure inférieur à celui de l'agriculture.

Infrastructures, sources d'énergie et production de charbon de bois
Les infrastructures, les sources d'énergie et la production de charbon de bois sont responsables de 1 693 hectares de perte de couverture arborée à Watsa entre 2001 et 2025. Cette catégorie comprend l'expansion des villages, la construction de routes, de bâtiments publics et d'autres infrastructures nécessaires au développement des communautés. Elle inclut également la production de charbon de bois, qui demeure la principale source d'énergie domestique dans la région en raison de l'accès limité à des alternatives telles que l'électricité, le gaz ou l'énergie solaire. Cette dépendance au bois-énergie entraîne l'abattage d'arbres pour répondre aux besoins de cuisson et de chauffage des ménages, particulièrement à proximité des centres de population et le long des principaux axes de transport. Bien que cette catégorie représente une superficie inférieure à celle des activités agricoles, elle contribue à la fragmentation des paysages forestiers, à la dégradation des habitats naturels et à la diminution progressive des ressources forestières, soulignant la nécessité d'investir dans des solutions énergétiques propres et accessibles afin de réduire la pression sur les forêts du Bassin du Congo.

Une priorité pour la gestion durable des forêts
Ces résultats montrent que la lutte contre la déforestation à Watsa ne peut pas se limiter au secteur minier. Les stratégies de conservation doivent également soutenir des systèmes agricoles plus durables, améliorer la productivité des terres déjà cultivées, promouvoir l'agroforesterie et accompagner les communautés dans l'adoption de pratiques réduisant la nécessité de nouveaux défrichements.

Entre 2001 et 2025, Watsa a perdu environ 180 000 hectares de couverture arborée. Les données indiquent que l'agriculture itinérante représente de très loin le principal moteur de cette perte, suivie par l'agriculture permanente, les activités minières et le développement des infrastructures. Cette répartition met en évidence la nécessité d'approches intégrées conciliant sécurité alimentaire, développement économique et protection des forêts du Bassin du Congo.






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